Messe St Pie V (tridentine) vs Novus Ordo

Bref examen critique (par les Cardinaux Ottaviani et Bacci)

 

On se surprend encore à trouver certains fidèles de la tradition qui alternent indistinctement d'une église à l'autre - de la messe tridentine la "nouvelle messe" - d'une façon tout à fait indifférente: "Que ce soit l'une ou l'autre, ici ou ailleurs, une messe demeure une messe", "Une messe ou l'autre, les deux sont bonnes", évoque-t-ils pour expliquer cette habitude.

Pourtant, la messe tridentine (dite de saint Pie V) et la messe du Novus Ordo Missae sont totalement différentes.

Aujourd'hui, plus que jamais, en ces temps de confusion, il importe de bien démarquer les différences entre la messe de toujours, canonisée par le saint Pape Pie V et la "nouvelle messe", création du Cardinal Hannibale Bugnini introduite lors du Concile Vatican II.

Le Bref examen critique, rédigé en 1969, demeure la référence ultime pour comprendre ces différences essentielles et particulièrement l'appauvrissement désastreux qu'a opéré le Novus Ordo sous prétexte de clarification et de simplification. Ce texte a été écrit par le Révérand Père Guérard Des Lauriers, dominicain, docteur en théologie, professeur à l'université du Latran et signé par deux Cardinaux de premier plan, le Cardinal Alfredo Ottaviani, préfet pour la Doctrine de la Foi (personnalité la plus importante après le Pape) et le Cardinal Antonio Bacci, éminent spécialiste de liturgie.

Déjà dans la lettre de présentation de leur analyse, soumise au Pape Paul VI, les deux cardinaux préviennent le Saint Père, au deuxième paragraphe, à quel point " le nouvel ORDO MISSAE, si l'on considère les éléments nouveaux, susceptibles d'appréciations fort diverses, qui y paraissent sous-entendus ou  impliqués, s'éloigne de façon impressionnante, dans l'ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe " (...)  " de nouveaux changements dans la liturgie ne pourront pas se faire sans conduire au désarroi le plus total des fidèles qui déjà manifestent qu'ils leur sont insupportables et diminuent incontestablement leur foi. Dans la meilleure part du clergé, cela se marque par une crise de conscience torturante dont nous avons des témoignages innombrables et quotidiens."

Après sa présentation au Pape Paul VI, le 3 septembre 1969, le texte de cette préface du Bref examen critique fut diffusé dans la presse où il fit sensation. Peu après, de nombreuses requêtes affluèrent au Vatican demandant l'abrogation du nouvel ORDO MISSAE et même sa suspension tout en insistant sur le maintien de la messe de saint Pie V. Deux mois plus tard, 6 000 prêtres espagnols adressaient leurs félicitations au Cardinal Ottaviani pour la production de son document prouvant " les bévues et la tendance protestante" de la nouvelle messe. Puis, en référence au fruit perfide de l'union adultère entre le rites protestant et catholique de la nouvelle messe, dans son célébrissime sermon de Lille (29 août 1976), Mgr Marcel Lefebvre qualifia le nouvel ORDO MISSAE de « messe bâtarde ».

Plusieurs des dérives liturgiques que nous avons connues dans le passé et que nous voyons encore aujourd'hui ont été pressenties dans le commentaire lumineux de ces deux savants analystes. Voici donc quelques extraits de ce document d'une valeur historique indéniable et d'une importance capitale pour la préservation de la Foi.

 

Tout catholique sérieux se doit d'avoir lu le Bref examen critique !

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Bref examen critique de la nouvelle messe (extraits)

I

Le Synode épiscopal convoqué à Rome au mois d'octobre 1967 eut à prononcer un jugement sur la célébration expérimentale d'une messe dite " messe normative ". Cette messe avait été élaborée par le Consilium ad exequendam Constitutionem de Sacra Liturgia (Comité pour l'application de la Constitution conciliaire sur la liturgie). 

Une telle messe provoqua la plus grave perplexité parmi les membres du Synode : une vive opposition (43 non placet), de nombreuses et substantielles réserves (62 juxta modum) et 4 abstentions, sur un total de 187 votants.

La presse internationale d'information parla d'un " refus " du Synode. La presse de tendance novatrice passa l'événement sous silence. Un périodique connu, destiné aux évêques et exprimant leur enseignement, résuma le nouveau rite en ces termes : " On veut faire table rase de toute la théologie de la Messe. En substance, on se rapproche de la théologie protestante qui a détruit le sacrifice de la Messe."

La Constitution apostolique Missale romanum affirme que l'ancien Missel promulgué par saint Pie V  (Bulle Quo Primum, 19 juillet 1570), - mais qui remonte en grande partie à Grégoire le Grand et même à une antiquité encore plus haute - fut pendant quatre siècles la norme de la célébration du Sacrifice pour les prêtres de rite latin. La Constitution apostolique Missale romanum ajoute que dans ce Missel, répandu par toute la terre, " d'innombrables saints trouvèrent la nourriture surabondante de leur piété envers Dieu ".

 

 Jamais, absolument jamais, le peuple chrétien n'a demandé que, pour la faire mieux comprendre, on change ou on mutile la liturgie. Ce qu'il demande à mieux comprendre, c'est l'unique, c'est l'immuable liturgie, que jamais il n'aurait voulu voir changer.

 

Le Missel romain de saint Pie V était très cher au coeur des catholiques qui, prêtres et laïcs le vénéraient religieusement. On ne voit pas en quoi l'usage de ce Missel, accompagné d'une initiation appropriée, pourrait faire obstacle à une plus grande participation et à une meilleure connaissance de la liturgie sacrée ; on ne voit pas pourquoi, tout en lui reconnaissant de si grands mérites, comme fait la Constitution Missale romanum, on ne l'a plus estimé capable de continuer à nourrir la piété liturgique du peuple chrétien.

 

Ainsi donc, le Synode épiscopal avait refusé cette " messe normative " qui est aujourd'hui reprise en substance et imposée par le nouvel ORDO MISSAE. Celui-ci n'a jamais été soumis au jugement collégial des Conférences épiscopales. Jamais le peuple chrétien (et surtout pas dans les missions) n'a voulu une quelconque réforme de la Sainte Messe.

Par conséquent, les motifs d'une telle réforme n'existant pas, la réforme elle-même apparaît dépourvue du fondement raisonnable qui, en la justifiant, la rendrait acceptable au peuple catholique.

Le nouvel ORDO MISSAE comme la " messe normative ", est fait pour contenter sur bien des points les plus modernistes des protestants.

 

II

LA DÉFINITION DE LA MESSE

La définition de la Messe (NDLR: du nouvel ORDO MISSAE) est donc réduite à celle d'une " cène ".

Tout cela n'implique ni la Présence réelle, ni la réalité du Sacrifice, ni le caractère sacramentel du prêtre qui consacre, ni la valeur intrinsèque du Sacrifice eucharistique indépendamment de la présence de l'assemblée.

En un mot, cette nouvelle définition ne contient aucune des données dogmatiques qui sont essentielles à la Messe et qui en constituent la véritable définition. L'omission, en un tel endroit, de ces données dogmatiques, ne peut être que volontaire.

 

L'Institutio generalis, qui constitue l'introduction du nouvel ORDO MISSAE, emploie pour désigner la Messe des expressions nombreuses qui seraient toutes acceptables relativement. Elles sont toutes à rejeter si on les emploie comme elles le sont - séparément et dans l'absolu chacune acquerrant une portée absolue du fait qu'elle est employée séparément.

En voici quelques-unes :

" action du Christ et du peuple de Dieu "

" Cène du Seigneur "

" repas pascal "

" participation commune à la table du Seigneur "

" prière eucharistique "

" liturgie de la parole et liturgie eucharistique ", etc...

 

Il est manifeste que les auteurs du nouvel ORDO MISSAE ont mis l'accent de façon obsessionnelle sur la cène et sur la mémoire qui en est faite, et non pas sur le renouvellement (non sanglant) du sacrifice de la Croix.

 

III

La fin prochaine de la Messe consiste en ce qu’elle est un sacrifice propitiatoire. Cette finalité est compromise elle aussi : alors que la Messe opère la rémission des péchés, tant pour les vivants que pour les morts, le nouvel ORDO met l'accent sur la nourriture et la sanctification des membres présents de l'assemblée.

Mais le nouvel ORDO MISSAE dénature l'offrande en la dégradant. Il la fait consister en une sorte d'échange entre Dieu et l'homme : l'homme apporte le pain et Dieu le change en pain de vie ; l'homme apporte le vin, et Dieu en fait une boisson spirituelle : " Tu es béni, Seigneur Dieu de l'univers, parce que de ta libéralité nous avons reçu le pain (ou : le vin) que nous t'offrons, fruit de la terre (ou : de la vigne) et du travail de l'homme, d'où provient pour nous le pain de vie (ou : la boisson spirituelle). "

 

Si l'on détruit ainsi la clef de voûte, on est bien forcé de fabriquer des échafaudages de remplacement : si l'on supprime les finalités véritables de la Messe, on est bien forcé d'en inventer de fictives. Voici donc des gestes nouveaux pour souligner l'union entre le prêtre et les fidèles, et celle des fidèles entre eux ; voici la superposition, destinée à s'effondrer dans le grotesque, des offrandes faites pour les pauvres et pour l'église à l'offrande de l'Hostie destiné au Sacrifice.

Par cette confusion, la singularité primordiale de l'Hostie destinée au Sacrifice est effacée ; en sorte que la participation à l'immolation de la Victime deviendra une réunion de philanthropes ou un banquet de bienfaisance.

 

IV

Le mystère de la Croix n'est plus exprimé de manière explicite. Il est dissimulé à l'ensemble des fidèles. Cela résulte de multiples dispositifs dont voici les principaux.

La raison pour laquelle le Sacrifice n'est plus mentionné explicitement est que l'on a supprimé le rôle central de la Présence réelle.

Ce rôle central est mis en une éclatante lumière dans toute la liturgie eucharistique du Missel romain de saint Pie V. Mais (NDLR: dans le nouvel ORDO MISSAE) il n'y a nulle part aucune allusion à la Présence réelle et permanente du Christ avec son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité dans les espèces transsubstantiées. Le mot lui-même de transsubstantiation ne figure nulle part.

 

Le nouvel ORDO MISSAE élimine:

- les génuflexions, dont le nombre est réduit à trois pour le prêtre célébrant et à une seule (non sans exceptions) pour l'assistance, au moment de la consécration ;

- la purification des doigts du prêtre au-dessus du calice et dans le calice ;

- la préservation de tout contact profane pour les doigts du prêtre après la consécration;

- la purification des vases sacrés, qui peut être différée et faite hors du corporal ;

- la pale protégeant le calice ;

- la dorure intérieure des vases sacrés ;

- la consécration de l'autel mobile ;

- la pierre sacrée et les reliques disposées sur et dans l'autel lorsque celui-ci est mobile, eu lorsqu'il se réduit à une simple table quand la célébration ne se fait pas dans un lieu sacré (cette dernière clause instaure en droit la possibilité d' " eucharisties domestiques " dans les maisons particulières) ;

- les trois nappes d'autel, réduites à une seule

- l'action de grâces à genoux (remplacée par un grotesque remerciement du prêtre et des fidèles assis, aboutissement de la communion debout) ;

- les prescriptions concernant le cas où une Hostie consacrée tombe à terre, réduites au numéro 239 à un "reverenter accipiatur " presque sarcastique.

 

Toutes ces suppressions ne font qu'accentuer de façon provocante la répudiation implicite du dogme de la Présence réelle.

 

L'autel est presque toujours désigné par le mot table

Désormais, on recommande de conserver le Saint Sacrement à part, dans un lieu favorable à la dévotion privée des fidèles, comme s'il s'agissait d'une relique. Ainsi, ce qui attirera immédiatement le regard quand on entrera dans une église, ce ne sera plus le Tabernacle, mais une table dépouillée et nue.

 

(...) c'est toujours la même attitude méprisante envers le Tabernacle comme envers toute piété eucharistique en dehors de la Messe ; c'est une nouvelle et violente atteinte à la foi en la Présence réelle tant que durent les Espèces consacrées.

 

Dans le nouvel ORDO MISSAE le mode narratif (et non plus sacramentel) est explicitement signifié dans la description organique de la " prière eucharistique ", au numéro 55, par la formule : "récit de l'institution " ; et encore, au même endroit, par la définition de l'anamnèse

" L'Église ait mémoire (memoriam agit) de ce même Christ ".

 

Selon le nouvel ORDO MISSAE' les paroles de la Consécration seront désormais énoncées par le prêtre comme une narration historique et non plus comme affirmant un Jugement catégorique et intimatif proféré par Celui en la Personne de qui le pêtre agit:  HOC EST CORPUS MEUM et non Hoc est Corpus Christi.

 

V

 

1. SITUATION DES FIDÈLES DANS LE NOUVEAU RITE.

C'est le caractère communautaire de la Messe qui revient constamment comme une obsession. (...) c'est le peuple lui-même qui se trouve présenté comme investi d'un pouvoir sacerdotal autonome. Dans ces conditions et selon ce système, il ne serait pas étonnant que bientôt le peuple soit autorisé à se joindre au prêtre pour prononcer les paroles de la Consécration. En plusieurs endroits, d'ailleurs, c'est déjà un fait accompli.

 

2. SITUATION DU PRETRE DANS LE NOUVEAU RITE.

Le rôle du prêtre est minimisé, altéré, faussé.

- par rapport au peuple. Il en est le " président " et le " frère ", mais il n'est plus le ministre consacré célébrant in persona Christi.

- par rapport à l'Église. Il en est un membre parmi d'autres, un quidam de populo. Le rôle du prêtre s'évanouit.

- dans le Confiteor devenu collectif, le prêtre n'est donc plus juge, témoin et intercesseur auprès de Dieu. Il est donc logique que le prêtre n'ait plus à donner l'absolution, qui a été effectivement supprimée. Le prêtre est intégré aux " frères ".

- On ne laisse plus apparaître ce que le prêtre catholique a de plus qu'un ministre protestant.

- l'usage de nombre d'ornements est aboli ou rendu facultatif : dans certains cas l'aube et l'étole suffisent. Ces ornements sont des signes de la conformation du prêtre au Christ : ils disparaissent. Le prêtre ne se présente plus comme revêtu de toutes les vertus du Christ ; il ne sera plus qu'une sorte de gradé ecclésiastique, à peine distingué de la masse par un ou deux galons. Le prêtre sera en somme, selon la formule involontairement humoristique d'un prédicateur moderne, " un homme un peu plus homme que les autres ".

 

3. SITUATION DE L'ÉGLISE DANS LE NOUVEAU RITE

(...)  la grâce, est présentée comme le fruit d'un progrès à venir ;

- le peuple de Dieu est " en marche ", l'Église n'est plus l'Église militante qui combat contre la puissance des ténèbres: elle est pérégrinante vers un avenir qui n'apparaît plus lié à l'éternel (c'est-à-dire aussi à l'au-delà actuel)  mais uniquement temporel.

 

Dans aucune des trois nouvelles " prières eucharistiques " ne figure la moindre allusion à l'état de souffrance des trépassés ; en aucune il n'y a place pour une intention particulière à leur égard.

 

Un peu partout, diverses omissions avilissent le mystère de l'Église en le désacralisant. 

L'unité de l'Église est compromise enfin en ceci: on a poussé l'audace jusqu'à lintolérable omission dans tout le nouvel ORDO MISSAE, y compris dans les trois nouvelles " prières eucharistiques ", des noms des Apôtres Pierre et Paul, fondateurs de l'Église de Rome, et des noms des autres Apôtres, fondement et signe de l'unité et de l’universalité de l'Église.

 

Sont également profanées les conditions qui conviennent pour célébrer le Sacrifice en tant qu'il est l'accomplissement d'une réalité sacrée.

 

La désacralisation est portée à son comble par les nouvelles et parfois grotesques modalités de l'offrande. L'insistance est mise sur le pain ordinaire aux lieu et place du pain azyme. La faculté est donnée aux enfants de choeur, et aux laïcs lors de la communion sous les deux espèces, de toucher les vases sacrés. Une invraisemblable atmosphère se trouvera créée dans l'église : on verra en effet y alterner sans trêve le prêtre, le diacre, le sous-diacre, le psalmiste, le commentateur (le prêtre lui-même est d'ailleurs devenu commentateur, puisqu'il est invité à " expliquer " continuellement ce qu'il est sur le point d'accomplir), les lecteurs hommes et femmes, les clercs ou les laïcs qui accueillent les fidèles à la porte de l'église et les accompagnent à leur place, qui font la quête, qui portent les offrandes, qui trient les offrandes... Et enfin la manie de la concélébration: elle achèvera de détruire la piété eucharistique du prêtre et d'estomper la figure centrale du Christ, unique Prêtre et Victime, et de la dissoudre dans la présence collective des concélébrants.

 

VI

Nous nous sommes limités ci-dessus à un bref examen du nouvel ORDO Missae et de ses déviations les plus graves par rapport à la théologie de la Messe catholique, Les observations que nous avons faites ont surtout un caractère typique. Il faudrait un plus vaste travail pour établir une évaluation complète des embûches, périls et éléments spirituellement et psychologiquement destructeurs que contient le rite nouveau.

 La " Prière eucharistique II " peut être employée en toute tranquillité de conscience par un prêtre qui ne croit plus ni à la transsubstantiation ni au caractère sacrificiel de la Messe : cette " prière eucharistique " peut très bien servir pour la célébration d'un ministre protestant.

 

Il est évident que le nouvel ORDO MISSAE renonce en fait à être l'expression de la doctrine que le Concile de Trente a définie comme étant de foi divine et catholique. Et cependant la conscience catholique demeure à jamais liée à cette doctrine.

 

VII

Mais il semble bien que l’on a voulu éliminer tout ce qui, dans la liturgie romaine, était le plus proche de la liturgie orientale ; qu'on a voulu, en reniant l'incomparable et immémorial caractère romain de la liturgie, renoncer à ce qui lui était spirituellement le plus propre et le plus précieux. On a substitué à la romanité des éléments qui rapprochent le nouvel ORDO MISSAE de certains rites protestants, et point de ceux qui étaient les plus proches du catholicisme : ces éléments dégradent la liturgie romaine et éloigneront de plus en plus l'Orient, comme on l'a déjà vu avec les réformes liturgiques qui ont immédiatement précédé le nouvel ORDO MISSAE.

En revanche, le nouvel ORDO MISSAE aura la faveur des groupes proches de l’apostasie qui, s'attaquant dans l'Église à l'unité de la doctrine, de la liturgie, de la morale et de la discipline, y provoquent une crise spirituelle sans précédent.

 

VIII

Saint Pie V avait conçu l'édition du Missel romain comme un instrument d’unité catholique : la Constitution "Missale romanum " elle-même le rappelle. En conformité avec les prescriptions du Concile de Trente, le Missel romain de saint Pie V devait empêcher que pût s'introduire dans le culte divin aucune des subtiles erreurs dont la foi était menacée par la Réforme protestante. Les motifs de saint Pie V étaient si graves que jamais en aucun autre cas ne paraît avoir été plus justifiée la formule rituelle et en l'occurrence quasi prophétique qui termine la Bulle de promulgation du Missel romain (Quo primum, 19 juillet 1570) : "Celui qui oserait porter la main contre cette oeuvre, qu'il sache encourir la colère du Dieu Tout-Puissant etdes bienheureux Apôtres Pierre et Paul. "

 

On a eu l'outrecuidance d'affirmer, en présentant officiellement le nouvel ORDO Missae dans la salle de presse du Vatican, que les raisons alléguées par le Concile de Trente ne subsistent plus !

Les erreurs contre la foi ne sont plus seulement insinuées : elles sont imposées par les aberrations et les abus qui s'introduisent dans la liturgie.

L'abandon d'une tradition liturgique qui fut pendant quatre siècles le signe et le gage de l'unité de culte, son remplacement par une autre liturgie qui ne pourra être qu'une cause de division par les licences innombrables qu'elle autorise implicitement, par les insinuations qu'elle favorise et par ses atteintes manifestes à la pureté de la foi : voilà qui apparaît, pour parler en termes modérés, comme une incalculable erreur.

La maître de la Grande loge maçonique de Rome complimenta le Cardinal Annibale Bugnini pour son oeuvre. Or, le 15 janvier 1976, il fut révélé que le même Bugnini était membre d'une loge maçonique depuis 1963. Il fut banni de Rome.

 

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Sur cette photo célèbre, datant d'avril 1970, le Pape Paul VI pose en compagnie des six théologiens protestants. On lit, à plusieurs endroits, que ce sont eux qui auraient formulé le nouveau rite de la messe du Novus Ordo alors qu'en réalité, il n'en fut rien. En fait, cette photo fut le simple souvenir d'une audience personnelle accordée aux invités protestants avec le Pape.